National Institute of Agronomic Research Morocco - INRA Morocco

Overview: Safran.AXE2 - Développement de la conduite technique du safran



Leader: Youssef Karra, National Institute of Agronomic Research Morocco - INRA Morocco

Team members: 2
Partner organizations: 1

Budget 2026
MAD :
0

Results: 0

  Axis Description
    
2.1 Résumé : Ce projet de recherche s’intègre dans le cadre de l’agriculture solidaire, traitant des thématiques autour du safran, notamment en matière de conduite technique et de multiplication du matériel végétal performant. C’est une des principales spéculations qu’on trouve dans la région de Taliouine ayant une place fondamentale dans ces systèmes fragiles de zones de montagnes semi-arides. Vue son adaptation aux conditions locales, la culture du safran peut être mieux exploitée d’une manière durable et optimale, grâce aux résultats de la recherche et recherche-développement, tout en en contribuant à la conservation des ressources en eau et en sol, à la valorisation des terres marginales et à la création de la richesse et de l’emploi pour les populations rurales. Les mégaprojets 2017-2020 ont permis d’aboutir à des résultats encourageants et ont montré encore du potentiel, à exploiter, de cette culture, notamment en matière d’amélioration des rendements et de conduite technique adaptée au contexte local : aridité, ressources hydriques limitées, sols dégradés et peu évolués, réchauffement climatique… Dans l’objectif d’améliorer l’itinéraire technique du safran, certaines pratiques peuvent être optimisée, notamment la fertilisation organique afin de rechercher un optimum d’efficience d’utilisation du phosphore, favorable à la multiplication, au niveau des cormes de remplacement. Aussi, L’irrigation d’appoint est un moyen technique qui pourra contribuer significativement à l’amélioration de l’efficience d’utilisation de l’eau et à l’optimisation des conditions d’humectation et d’alimentation hydrique favorable à la multiplication végétative des cormes. L’objectif de la gestion rationnelle et durable d’une culture du safran consiste à maximiser le rendement en stigmates « Safran épice » sur une période d’exploitation donnée, tout en ayant la réflexion de renouveler la safranière au point optimal permettant de récolter des cormes de tailles satisfaisantes qui serviront comme matériel de propagation « semences » pour la campagne suivante. De même, l’objectif de production des cormes « semences » peut se manifester, et peut se faire spécialement en ayant comme but de maximiser le rendement en cormes de remplacement en termes de poids total récoltés et de bonne qualité « calibre commercial ». Mots clés : Production, résilience, multiplication, corme, semence 2.2 Contexte et point de situation 1.2.1 Orientations stratégique Dans cette partie, rapporter les objectifs stratégiques dans le cadre de Génération Green se rapportant à la F/D, ainsi que la synthèse des doléances exprimées par les parties prenantes lors de la phase de cadrage. Dans le cadre de son axe stratégique sur la consolidation des filières, la nouvelle stratégie GG mise sur la poursuite des efforts déployés sur le développement de plusieurs filières à haute valeur ajoutée, dont certaines sont liées à l’agriculture solidaire et aux systèmes fragiles, notamment la filière du safran. Le safran est une culture de rente ayant un rôle socio-économique important au niveau de certaines régions fragiles de montagnes caractérisées par un climat semi-aride à hiver très froid. Pour le développement de la filière du safran, dans le cadre de la stratégie Génération Green, les leviers suivants ont été dressés comme vision stratégique pour 2030 : - Augmenter la superficie de la culture du safran : de 1865 Ha (2019) à 2500 Ha - Augmenter la production annuelle : de 6,5 T à 12,5 T - Améliorer le rendement moyen par hectare : de 3,5 à 5 Kg/ha - Augmenter la quantité exportée : de 1,2 à 4 T Suivant ces éléments de déclinaison de la stratégie GG, un nouveau programme de développement de la filière du safran a été mis en place (2020-2030), dont certains éléments interpellent le volet de la recherche, en relation avec cet axe2 du mégaprojet à savoir la mise au point des techniques culturales performantes en vue de l’amélioration des niveaux de rendement. De même, lors des ateliers de diagnostic des contraintes au développement de l’agriculture, plusieurs besoins de recherche ont été exprimés notamment de la part de certaines parties prenantes de la filière du safran, dont ci-après quelques recommandations ressorties : - Besoin d’améliorer l’itinéraire technique et de l’adapter au contexte régional (Climat semi-aride, sols pauvres, ressources hydriques limitées, Changement climatique ….) - Améliorer le rendement à l’hectare à travers une conduite technique efficiente. - Conduite technique pour la production des cormes à réutiliser comme semence de qualité. 2.2.2 Etat de l’art : Faire le point du contexte scientifique et des dernières connaissances en relation avec l’axe pour justifier l’idée du projet, les aspects originaux et novateurs, et énoncer les hypothèses. (y compris les recherches antérieures de l’INRA) Dans la région de Taliouine et Taznakht, la culture du safran est parmi les bases des systèmes de cultures dans ces zones montagneuses fragiles. En effet, cette aire de culture du safran est caractérisée par un climat semi-aride, des terres cultivables de fertilités pauvres et des ressources hydriques constituant un facteur limitant. La superficie emblavée par la culture du safran est de l’ordre de 1865 ha (FIMASAFRAN, 2019), et la production s’est élevée jusqu’à un maximum de 6,86 T avec des fluctuations suivant les conditions climatiques. Cette production locale représente 95% de la production nationale. Le rendement moyen, en safran épice, varie entre 3 à 6 kg /ha, et est influencé considérablement par la qualité et la quantité des cormes plantés ainsi que le mode d’exploitation de la safranière. La filière du safran au Maroc est un créneau important pour le développement rural et pour l’amélioration des revenus des agriculteurs. Le Maroc contribue à hauteur de 1,5% de la production mondiale, estimée aujourd’hui à 400 tonnes, ce qui le classe en 5ème rang après les principaux pays producteurs : l’Iran (90%), l’Inde, l’Afghanistan et la Grèce (Cardone et al., 2020 ; Shahnoushi et al., 2020). De l’amont à l’aval, la vision de développement de la filière passe à travers la réalisation de 3 objectifs : (i) l’amélioration des rendements à l’hectare, (ii) l’augmentation de la production totale au niveau national (iii) et la veille sur la qualité physico-chimique du produit et sur le caractère « bio » du safran marocain. L’espèce Crocus sativus L. est triploïde stérile, la plante se propage par la voie de multiplication végétative des cormes : le ‘’corme’’ constitue un organe de stockage et de persistance durant la période de dormance estivale. Le cycle biologique du safran est inversé par rapport aux autres cultures. La floraison commence en premier lieu, durant la saison d’automne, dès la levée de la dormance des cormes. Il s’agit alors d’une espèce de jours courts. Il est très important de différencier 2 cycles de vie de la culture du safran : Premièrement, un cycle biologique annuel, qui se caractérise par 3 phases (Figure1) : (i) la floraison échelonnée (15 à 20jours), (ii) la croissance et développement végétatifs des feuilles, des racines et des tiges souterraines (cormes), (iii) et la dormance estival & fanage des feuilles. Deuxièmement, un cycle de vie « pérenne » de la safranière qui peut s’étaler sur plusieurs années vu que c’est une plante géophyte vivace (Arslan et al., 2013), dont la reproduction asexuée est assurée par la multiplication végétative des cormes : Ce mode de multiplication végétative est conservateur du patrimoine génétique, ce qui fait des cormes de remplacement des ‘’clones’’ identiques. Figure1. Schéma de la croissance annuelle du safran (Lopez-Corcoles et al., 2015) La durée du cycle pérenne est une question clé pour assurer une bonne croissance et une performance optimale et ce afin d’éviter la chute de la productivité et la détérioration des cormes de remplacement (Douglass et al, 2014). Ainsi, l’adoption de densités et doses de plantation appropriées est capital pour la production pérenne et durable du safran jusqu’à une date de renouvellement de la safranière : des études ont montré que la plantation de safran à des densités plus élevées conduit à augmenter le rendement au cours des trois premières années, par rapport à la plantation légère (Kochaki et al, 2012). La chute des rendements par la suite est à cause du phénomène de compétition des cormes au niveau souterrain : Temperini et al. (2009) ont rapporté une grande baisse de la production de safran (Pistils) entre la troisième et la quatrième année associée à la surpopulation et à la concurrence pour l'eau et les éléments nutritifs. Pour pallier à ce phénomène, on a pu démontrer que la plantation à des densités légères (30 à 50 cormes/m2 en semis), est capable de rattraper les niveaux de rendements grâce à la multiplication importante des cormes de remplacement, tout en limitant prolongeant la durée d’exploitation de la safranière jusqu’à la 5ème et 6ème année (Karra et al., 2019 ; Karra et al. 2017). Concernant la conduite du safran, plusieurs travaux ont été menés notamment sur a gestion des irrigations et des apports de fertilisants (Yarami 2015 et 2018 ; Moghimi et Sepaskhah, 2016 ; Mosaffa et Sepaskhah, 2019), ils ont montré un comportement variable de la culture du safran suivant les conditions édaphiques et climatiques du site de l’expérimentation. Au niveau de Taliouine, on a observé un comportement optimal de la safranière aux apports hydriques, de façon à maintenir au moins 70% des besoins en eau qui se sont avéré de l’ordre de 300 mm à 400 mm par an. De même, suivant nos essais, il y avait une réponse notable de la culture du safran aux apports de couverture durant la période de croissance végétative, ceci avait favorisé le développement des cormes de remplacement. Il reste encore plusieurs questions de recherche à soulever afin de développer, au mieux, un itinéraire technique adapté aux conditions locales de Taliouine et les expérimentations devraient être poursuivit afin de répondre aux besoins de production tenant compte des circonstances et des ressources disponibles : introduire le volet de l’adaptation de la culture du safran au changement climatique et aux stress abiotiques. Listes des références bibliographiques : Arslan, N., Ipek, A., Rahimi, A., Ipek, G. (2013). The effects of placement position and corm size of saffron (Crocus sativus L.) on stigma and corm yields in Ankara conditions. Journal of Herbal Drugs 4, 1–6. Cardone L., Castronuovo D., Perniola M., Cicco N., Candido V., 2020. Saffron (Crocus sativus L.), the king of spices: An overview, Sci Hortic., 272p. Douglass, M.H., Smallfield, B.M., Wallace, A.R., McGimpsey, J.A. (2014). Saffron (Crocus sativus L.): The effect of mother corm size on progeny multiplication, flower and stigma production. Scientia Horticulturae 166 (2014) 50-58. Karra Youssef, Abdelghani TAHIRI, Fouad MOKRINI, Ahmed WIFAYA, Fouad ELAME, Abdelaziz MIMOUNI (2020). Effet de la durée d’exploitation de la culture du safran (Crocussativus L.), installée à différentes densités, sur la production et la multiplication des cormes « semences », dans la région de Taliouine. Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et VétérinairesVol. 8 No 1 (Mars 2020). Karra, Y., Boujghagh, M., Serghini, M.A. and Lage, M. (2017). Effect of planting density on productivity of saffron corms. Acta Hort. (ISHS) 1184:119-124. Kochaki, A., Tabrizi, L., Jahani, M., Mohammad-Abadi A.A. (2012). Evaluation of high density of corm and three planting methods on agronomic characteristics of saffron and corms behavior. Iranian Journal of Horticultural Science 4, 391-397. Lambert, A. and Karra, Y. (2017). Influence of soil composition and drying methods on chemical and physical quality evaluation of saffron. Acta Hort. (ISHS) 1184:165-172. Lopez Corcoles, H., Brasa-Ramos, A., Montero-García, F., Romero-Valverde, M., Montero-Riquelme, F., 2015. Phenological growth stages of saffron plant (Crocus sativus L.) according to the BBCH scale. J. Agric. Res. 13 (3). Moghimi, M.M., Sepaskhah, A.R., 2016. Effect of various on-farm water management scenarios on equity and productivity in irrigation networks. Water Resou. Manage. 30, 2405–2424. Mosaffa, H.R., Sepaskhah, A.R., 2019. Performance of irrigation regimes and water salinity on winter wheat as influenced by planting methods. Agric. Water Manage. 216, 444–456. Temperini, O., Rea, R., Temperini, A., Colla, G., Rouphael, Y. (2009). Evaluation of saffron (Crocus sativus L.) production in Italy: effects of age of saffron fields and plant density. J. Food Agric. Environ. 7, 19–23. Yarami, N., Sepaskhah, A.R., 2015. Saffron response to irrigation water salinity, cow manure and planting method. Agric. Water Manage. 150, 57–66. Yarami, N., Sepaskhah, A.R., 2018. Water productivity and economic analysis of saffron under different irrigation water salinity, manure application rates and planting methods. Int. J. Plant Prod. 12 (2), 139–147. 2.2.3 Justification du projet (intérêt et originalité) Présenter les conditions qui mènent à l’identification de la problématique à traiter et la capacité du projet à donner des solutions (durables) à la lumière des orientations stratégiques (1.2.1) et de l’état de l’art (1.2.2) tout en décrivant comment le projet complète les autres initiatives. Le défi de l’augmentation des rendements du safran à l’hectare interpelle une stratégie d’intensification de la culture et d’adoption des techniques de production permettant de hausser la productivité, d’optimiser l’exploitation des safranières et la conservation des ressources naturelles : eau d’irrigation, sol et cormes en tant que matériel végétal de propagation : ‘’semences’’. La disponibilité des cormes ‘’semences’’ en bonne qualité et en quantité suffisante est nécessaire pour pouvoir encourager de nouveaux projets d’installation des safranières et de hausser enfin la production totale. La production à grande échelle de ces cormes fait appel à la recherche agronomique pour dresser un schéma de multiplication et de production en pépinière et de définir l’itinéraire technique approprié pour avoir un rendement optimal de ces cormes ‘’ semences’’. Actuellement, l’objectif de produire des cormes semences commence à prendre de l’importance au niveau de la région de Taliouine afin de répondre à la demande d’extension des superficies et de contribuer à l’augmentation de la disponibilité et de l’offre des cormes performants et certifiés de bonne qualité. Par conséquent, le développement de la conduite technique, adaptée aux objectifs de production (Safran et cormes), devient une nécessiter pour accompagner la vision de la stratégie Génération Green.
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