Systèmes de cultures diversifiés pour une intensification durable des zones arides


Published on: April 15, 2026, Submitted by Hicham Chao on: April 15, 2026


La diversification des systèmes de culture est une stratégie clé pour renforcer la résilience et la durabilité de l’agriculture en zones arides. Elle repose sur l’introduction de différentes cultures afin d’améliorer la gestion des ressources, de réduire les risques et d’optimiser les performances agronomiques et économiques. La rotation des cultures, notamment avec l’intégration des légumineuses, ainsi que l’interculture, constituent des leviers essentiels de cette diversification.



Le succès de ces approches, notamment le relais lentille-quinoa au Maroc, est d'ailleurs détaillé dans une fiche technique compilée par l’équipe Monitoring, Evaluation, and Learning (MEL) de l’ICARDA. Cette ressource fait partie intégrante de la base de données WOCAT (World Overview of Conservation Approaches and Technologies), qui réunit plus de 1 500 pratiques de gestion durable des terres à travers le monde.

Le principe de l’interculture en relais est simple : semer deux cultures sur une même parcelle à des moments décalés afin d’optimiser l’utilisation des précipitations et des ressources du sol. Par exemple, les lentilles sont semées en novembre pour tirer parti des premières pluies, tandis que le pois chiche ou le quinoa est implanté en février afin de bénéficier des précipitations tardives. La complémentarité des systèmes racinaires, avec des profondeurs variées, permet une exploitation efficace de l’eau sur plusieurs horizons du sol.

Cette approche présente de multiples avantages agronomiques et économiques. Elle permet de récolter deux cultures au cours d’une même année, d’améliorer la productivité de l’eau, de renforcer la fertilité des sols et de réduire la pression des insectes et maladies. Elle favorise également le stockage de carbone dans le sol et contribue à l’adaptation des systèmes agricoles au changement climatique, tout en participant à la réduction de ses impacts. Les études menées par l’ICARDA indiquent que l’interculture en relais intelligente peut accroître les rendements du blé cultivé ensuite de 10 à 15 % par rapport aux systèmes blé-blé, augmenter la production de protéines de 30 à 50 % et améliorer les revenus des exploitations de 582 à 5 000 USD/ha.

Ainsi, l’interculture en relais intelligente constitue une stratégie durable et résiliente, offrant des bénéfices significatifs à la fois pour les petits exploitants et pour l’environnement, en conciliant performance agricole et préservation des ressources naturelles.

Acknowledgement

The International Center for Agricultural Research in the Dry Areas (ICARDA)

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About the author

Safaa Drissi Bourhanbour is at International Center for Agricultural Research in the Dry Areas - ICARDA.