3.2.1 Résumé :
Récemment, chez l’olivier une nouvelle maladie jugée redoutable, est causée par la bactérie Xylella fastidiosa (X.fastidiosa) qui est transmise et dispersée par des insectes piqueurs suceurs de sève comme les cigales et les cicadelles. Cette maladie est potentiellement mortelle chez l’Olivier et représente une inquiétante pour l'agriculture marocaine, premièrement pour sa répartition géographique vaste, deuxièmement pour le nombre très élevé de ses espèces hôte (595) et troisièmement pour la distance courte qui sépare le Maroc de l’Europe tels que l’Italie, France, Espagne,) infesté. Sans pourtant oublier les conditions climatiques du pays qui sont similaires à celles des pays récemment contaminés. La bactérie est transmise d’un végétal à un autre par des insectes piqueurs-suceurs qui s’alimentent de la sève brute du xylème. Par conséquent, la connaissance des espèces potentiellement vectrices, de leur biologie et de leur écologie est d'une importance cruciale. Les études sur les insectes vecteurs sont nécessaires du faite qu’elles peuvent améliorer la gestion de la maladie en cas de son introduction (conception d’un programme de lutte contre les insectes vecteurs et/ou suivi de la prévalence des vecteurs potentiels naturellement infectés par X. fastidiosa. La réglementation phytosanitaire nationale stipule des mesures spéciales notamment l’interdiction de son introduction, l’obligation de déclaration de sa suspicion, de lutte et d’éradication en cas de sa détection. La complexité de l'hôte de la bactérie « X. fastidiosa » et la diversité de ses modes de déplacements augmentent le risque de son introduction dans notre pays, compte tenu du large spectre d’hôtes et la présence des vecteurs potentiels de X. fastidiosa. A cet effet, il est plus qu'impérieux de revoir et de renforcer les mesures phytosanitaires appliquées et de mettre en place un programme de surveillance harmonisée dans les pays de la région. Dans ce contexte, le présent projet de recherche vise à renforcer les capacités du personnel technique des institutions (INRA, ONSSA, ONCA, DRAs), de la profession et des agriculteurs sur la détection précoce, le diagnostic, la surveillance et les mesures phytosanitaires et dotera le pays de mesures scientifiques et d’action pour une meilleure gestion de la bactérie « Xylella fastidiosa » au niveau national. En outre, le travail du terrain sera mené suivant une carte catégorique qui classe les zones selon le degré de risque de leur exposition à X. fastidiosa et ce en tenant compte d’un certain nombre de facteurs, notamment la présence d’espèces d’insectes susceptibles de transporter la bactérie, présence d’espèces végétales hôtes cultivées ou qui poussent à proximité des oliviers, degré de sensibilité des variétés d’olivier cultivées dans chaque région).
Mots clés : Xylella fastidiosa, Olivier, Vecteur, Cartographie des zones à risques.
3.2.2 Contexte et point de situation
3.2.2.1 Etat d’art & Orientations stratégique
Xylella fastidiosa est une bactérie phytopathogène de la famille des Xanthomonadaceae qui représente une menace pour plus de 595 espèces végétales arboricoles, ornementales et forestières tel que l’olivier, les agrumes, la vigne, l’amandier, le prunier, le pêcher, le chêne, l’acacia, le laurier rose, le romarin, le rosier, etc (EFSA, 2020). Cette bactérie est potentiellement mortelle des cultures notamment celle d’Olivier. D’un point de vue économique, la bactérie peut être la source d’un effet domino qui commence par des pertes en rendement, suivies du dépérissement total des cultures, et se termine par la faillite qui débouchera d’un point de vue social sur une perte d’emplois, de sources de revenus…etc (Mang et al., 2016).
La bactérie est transmise d’un végétal à un autre par des insectes piqueurs-suceurs qui s’alimentent de la sève brute du xylème. Presque tous les insectes piqueurs-suceurs sont capables de transmettre toutes les souches de Xylella fastidiosa. Les insectes ayant été rapportés comme vecteurs appartiennent aux familles des Cicadellidae (cicadelles), Cercopidae (Cercopes) et Aphrophoridae (Aphrophorides). Par conséquent, la connaissance des espèces potentiellement vectrices, de leur biologie et de leur écologie est d'une importance cruciale (Antonatos et al., 2020). Les études sur les insectes vecteurs sont nécessaires du faite qu’elles peuvent améliorer la gestion de la maladie en cas de son introduction (conception d’un programme de lutte contre les insectes vecteurs et/ou suivi de la prévalence des vecteurs potentiels naturellement infectés par X. fastidiosa).
Depuis de nombreuses maladies lui ont été attribuées, Suscitant une grande inquiétude, deux foyers ont été détectés 2013 en Italie dans la région de Lecce sur des cultures d’olivier (Saponari et al., 2013) , Lauriers roses, amandier et chênes. En 2015, la maladie est apparue en France, en 206 en Espagne et en 2019 en Portugal.
Xylella fastidiosa représente une inquiétante pour l'agriculture marocaine, premièrement pour sa répartition géographique vaste, deuxièmement pour le nombre très élevé de ses espèces hôte (595) et troisièmement pour la distance courte qui sépare le Maroc de l’Europe infesté, Sans pourtant oublier les conditions climatiques du pays qui sont similaires à celles des pays récemment contaminés (Frem et al.,2020).
Actuellement, il n'existe pas de moyens curatifs pour lutter contre cette bactérie. La réglementation européenne impose l'arrachage et la destruction des plants contaminés ainsi que la conduite d’une surveillance annuelle des zones tampons.
Actuellement, aucun foyer n’a été détecté dans notre pays (Afechtal et al., 2018), mais sa proximité des foyers de l’infection et l’existence d’une grande superficie oléicole laissent les portes ouvertes sur tout risque d’émergence de cette bactérie dans notre territoire (Baldi et al., 2020). Au Maroc, X. fastidiosa est inscrite sur la liste des organismes nuisibles de quarantaine par l’arrêté ministériel N° 832-02 du 12 juin 2002, "réglementant l'importation de plantes ou parties de plantes susceptibles d'être infestées par certaines espèces nuisibles de ravageurs animaux ou végétaux". La réglementation phytosanitaire nationale stipule des mesures spéciales notamment l’interdiction de son introduction, l’obligation de déclaration de sa suspicion, de lutte et d’éradication en cas de sa détection. (ONSSA, 2017)
La complexité de l'hôte de la bactérie « X. fastidiosa » et la diversité de ses modes de déplacements augmentent le risque de son introduction dans notre pays, compte tenu du large spectre d’hôtes et la présence des vecteurs potentiels de X. fastidiosa. A cet effet, il est plus qu'impérieux de revoir et de renforcer les mesures phytosanitaires appliquées et de mettre en place un programme de surveillance harmonisée dans les pays de la région.
Le projet renforcera les capacités du personnel technique des institutions (INRA, ONSSA, ONCA, DRAs), de la profession et des agriculteurs sur la détection précoce, le diagnostic, la surveillance et les mesures phytosanitaires et dotera le pays de mesures scientifiques et d’action pour une meilleure gestion de la bactérie « Xylella fastidiosa » au niveau national.
Au Maroc, les travaux de recherche sur la bactérie X. fastidiosa restent timides et fragmentaires et limités à la recherche des symptômes typiques de cette maladie. Cependant, le travail de prospection seul, reste inefficace en l’absence d’une étude épidémiologique actualisée sur les espèces d’insectes susceptibles de transporter ce pathogène, ainsi que l’inventaire des espèces végétales hôtes et cultivées à proximité des zones oléicoles. De plus, l’absence de toute information sur le comportement de nos variétés locales (résistance/sensibilité) rend impossible de prédire les zones les plus fragiles où la maladie peut se disséminer très rapidement en cas de détection positive. Conscient du risque important d’introduction de ce danger sanitaire aux conséquences économiques très lourdes pour les filières végétales Marocaines et étant donné notre proximité des régions contaminées, nous jugeons indispensable l’implémentation d’un programme de surveillance basé sur le développement d’une stratégie de travail globale visant à prévenir et contenir cette bactériose une fois introduite au Maroc avec la participation d’une équipe muti-institutionnelle marocaine et avec l’appui d’une coopération Européenne (le cas du projet CURE-XF-CIHEAM Bari en Italie).
Le travail de terrain doit être démarré par l’établissement d’une carte catégorique qui classe les zones selon le degré de risque de leur exposition à X. fastidiosa et ce, en tenant compte d’un certain nombre de facteurs, notamment la présence d’espèces d’insectes susceptibles de transporter la bactérie, présence d’espèces végétales hôtes cultivées ou qui poussent à proximité des oliviers, degré de sensibilité des variétés d’olivier cultivées dans chaque région).
Listes des références bibliographiques :
- E. Food and S. Authority, “Update of the Xylella spp. host plant database – systematic literature search up to 30 June 2019,” EFSA J., vol. 18, no. 4, pp. 1–61, 2020, doi: 10.2903/j.efsa
- M. Afechtal, A. Vicent, M. Saponari, and A. M. D’Onghia, “Pest risk analysis on Xylella fastidiosa in Morocco,” J. Plant Prot. Res., vol. 58, no. 3, 2018, doi: 10.24425/jppr.2018.
- M. Frem et al., “Xylella fastidiosa invasion of new countries in Europe, the Middle East and North Africa: Ranking the potential exposure scenarios,” NeoBiota, vol. 59, pp. 77–97, 2020, doi: 10.3897/neobiota.59.53208
- M. Jeger and C. Bragard, “The epidemiology of Xylella fastidiosa; a perspective on current knowledge and framework to investigate plant host–vector–pathogen interactions,” Phytopathology, vol. 109, no. 2, pp. 200–209, 2019, doi
- P. Baldi and N. La Porta, “Xylella fastidiosa: Host range and advance in molecular identification techniques,” Front. Plant Sci., vol. 8, no. June, 2017, doi: 10.3389/fpls.2017.00944.Vol. 27, pp. 271–290, European Comission, “List of demarcated areas established in the Union territory for the presence of Xylella fastidiosa as referred to in Article 4(1) of Decision (EU) 2015/789 - UPDATE 12,” vol. 4, no. April, pp. 1–18, 2019, [Online]. Available: https://ec.europa.eu/food/sites/food/files/plant/docs/ph_biosec_legis_list-demarcated-union-territory_en.pdf.
- S. Antonatos, D. Papachristos, DE. Kapantaidaki, IC. Lytra, K. Varikou, VI. Evangelou, and P. Milonas. Presence of Cicadomorpha in olive orchards of Greece with special reference to Xylella fastidiosa vectors. J. Appl. Entomol. 2020, 144, 11. https://doi.org/10.1111/jen.12695.
- S. M. Mang, S. Frisullo, H. S. Elshafie, and I. Camele, “Diversity evaluation of Xylella fastidiosa from infected olive trees in Apulia (Southern Italy),” Plant Pathol. J., vol. 32, no. 2, pp. 102–111, 2016, doi: 10.5423/PPJ.OA.08.2015.0153.cropro.2020.105288.13238.
- S. M. White, J. A. Navas-Cortés, J. M. Bullock, D. Boscia, and D. S. Chapman, “Estimating the epidemiology of emerging Xylella fastidiosa outbreaks in olives,” Plant Pathol., no. May, pp. 1–11, 2020, doi: 10.1111/ppa.
- ONNSA , D. Maladies à Xylella fastidiosa : un risque phytosanitaire pour le secteur arboricole au Maroc, pp2. 2016
3.2.2.2 Justification du projet (intérêt et originalité)
Au Maroc, l’olivier constitue la principale source de revenus pour 480.000 agriculteurs. C’est également la principale espèce fruitière cultivée au Maroc. Elle occupe une surface de près de 1.070.000 ha.
Récemment, une nouvelle maladie connue sous le nom du syndrome de déclin rapide des oliviers vient de s’installer au sud de l’Italie avant de gagner le Corse et l’Espagne. Cette maladie, jugée redoutable, est causée par la bactérie Xylella fastidiosa (X.fastidiosa) qui est transmise et dispersée par des insectes piqueurs suceurs de sève comme les cigales et les cicadelles. Cette bactérie s’attaque à différentes espèces végétales (vigne, agrumes, prunus, café, avocat, luzerne, laurier rose, chêne, érable, etc) et elle conduit à des dépérissements massifs de certaines espèces d’intérêt économique (agrumes, vigne, oliviers). Actuellement, plus de 800.000 ha sont infectés avec des degrés d’attaque variables (Premières nécroses sur feuilles jusqu’à la mort de l’arbre) en Italie.
X. fastidiosa représente une menace très inquiétante pour l'agriculture marocaine. Actuellement, il n'existe pas de moyens curatifs pour lutter contre cette bactérie. La réglementation européenne impose l'arrachage et la destruction des plants contaminés ainsi que la conduite d’une surveillance annuelle des zones tampons.
Actuellement, aucun foyer n’a été détecté dans notre pays, mais sa proximité des foyers de l’infection et l’existence d’une grande superficie oléicole laisse les portes ouvertes sur tout risque d’émergence de cette bactérie dans notre territoire. Au Maroc, X. fastidiosa est inscrite sur la liste des organismes nuisibles de quarantaine par l’arrêté ministériel N° 832-02 du 12 juin 2002, "réglementant l'importation de plantes ou parties de plantes susceptibles d'être infestées par certaines espèces nuisibles de ravageurs animaux ou végétaux".
Ce projet proposé sur cette dangereuse bactériose va nous permettre de se préparer à toute éventuelle introduction dans notre pays à vocation oléicole entre autres et renforcera les capacités du personnel technique des institutions (INRA, ONSSA, ONCA, DRAs), de la profession et des agriculteurs sur la détection précoce, le diagnostic, la surveillance et les mesures phytosanitaires et dotera le pays de plans de surveillance et d'action de gestion de la bactérie « X. fastidiosa » au niveau national. Notre implication dans le projet CUREXF coordonné par le CIHEAM Bari a joué un rôle prépondérant sur la gestion globale de la maladie avant et après son introduction au Maroc via des stages de formations à travers différents laboratoires impliqués en particulier ceux de l’Italie et de l’Espagne.
Hypothèse de travail : Le travail de terrain doit être mené sur l’ensemble des zones oléicoles de notre pays en vue de dresser une carte catégorique selon le degré de risque de leur exposition à X. fastidiosa et ce en tenant compte de tous les facteurs favorables à son infection.